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PARIS FAIT SA RENTREE ... Vite, réservez !
Après la parenthèse estivale, Paris reprend son rythme. Les salles rouvrent, les musées dévoilent leurs nouvelles expositions et, de septembre à novembre, la capitale offre une succession de rendez-vous où se côtoient grands noms de l’histoire de l’art, créations contemporaines et spectacles plus inattendus.
Au Grand Palais, l’un des événements majeurs de la rentrée est sans doute « Cezanne et nous », à découvrir du 23 septembre 2026 au 17 janvier 2027. Une exposition qui permet de revenir sur la place considérable de Cézanne dans l’histoire de la peinture et sur les artistes qui ont prolongé ou interrogé son héritage.
Autre rendez-vous à inscrire au calendrier : « Vies minuscules », présentée au Panthéon à partir du 24 septembre. Conçue à partir des collections du Centre Pompidou, l’exposition réunit une trentaine d’artistes et s’intéresse à ces existences discrètes, marginales ou anonymes que l’art fait entrer dans la grande histoire. De Kupka à Mathieu Pernot, de Germaine Richier à Mohamed Bourouissa, le parcours promet un dialogue particulièrement stimulant entre les époques et les sensibilités.
Changement de continent au musée du quai Branly – Jacques Chirac, avec « Premières Nations – Arts et cultures du Nord-Ouest de l’Amérique », du 29 septembre au 17 janvier. Masques, sculptures, vêtements, objets rituels et figures totémiques racontent les cultures des peuples autochtones de cette région, où l’art est indissociable de la mémoire, des récits et du rapport au territoire. Une exposition à la fois spectaculaire et profondément culturelle.
Et pour ceux qui aiment découvrir les artistes moins attendus, direction la Fondation Louis Vuitton, qui rouvrira ses portes le 9 octobre avec « Gustave Fayet, Collectionneur – Créateur. Icônes de l’art moderne ». L’exposition revient sur la figure de Gustave Fayet, collectionneur mais aussi artiste, et sur son regard de passionné qui l’amena notamment à s’intéresser à Gauguin et aux grands courants de l’art moderne.
Au théâtre, la Comédie-Française commence sa saison dans un contexte particulier puisque la Salle Richelieu ne rouvrira que le 15 octobre. En attendant, la troupe investit l’Athénée Théâtre Louis-Jouvet avec « Les Bonnes » de Jean Genet, dans une nouvelle mise en scène de Carme Portaceli, du 17 septembre au 25 octobre. Une manière très symbolique de commencer la saison avec l’un des textes les plus troublants du répertoire français.
Au Théâtre du Vieux-Colombier, autre événement : « La Musica deuxième », de Marguerite Duras, mise en scène par Arnaud Desplechin, à partir du 30 septembre. Duras, le théâtre, le cinéma : la rencontre de ces deux univers constitue l’une des curiosités de cette rentrée.
Pour une proposition plus radicale, l’Odéon accueille dans le cadre du Festival d’Automne la « Trilogia Cadela Força » de la Brésilienne Carolina Bianchi Y Cara de Cavalo. Présentée en portugais surtitré, la trilogie se déploie en trois chapitres et peut également être découverte sous forme d’intégrale. Une expérience théâtrale hors norme, réservée à un public averti, qui témoigne de la place prise par les écritures internationales dans le théâtre parisien.
Du côté lyrique, l’Opéra national de Paris ouvre la saison avec une programmation particulièrement généreuse.
À Bastille, « Hamlet » d’Ambroise Thomas, du 18 septembre au 9 octobre, constitue une curiosité pour ceux qui connaissent Shakespeare mais moins son adaptation lyrique française. La mise en scène de Krzysztof Warlikowski propose une lecture très intérieure du personnage, centrée sur ses souvenirs et ses obsessions.
Plus populaire, « Le Barbier de Séville » de Rossini, du 12 septembre au 5 novembre, offre une tout autre atmosphère : virtuosité, comédie et énergie rossinienne sont au rendez-vous.
Mais le grand événement de l’automne sera sans doute le Ring de Wagner, présenté sous forme de festival à l’Opéra Bastille, « Le Crépuscule des dieux » sera donné du 8 au 18 octobre. Un rendez-vous monumental, à réserver aux amateurs de Wagner… ou aux curieux prêts à tenter l’expérience.
Au Palais Garnier, « L’Histoire de Manon », le grand ballet narratif de Kenneth MacMillan, revient du 28 septembre au 30 octobre. Une œuvre spectaculaire et tragique, servie par les décors et costumes somptueux de Nicholas Georgiadis. Le 15 octobre, la représentation prendra en outre une dimension particulière puisqu’elle marquera les adieux à la scène de l’Étoile Dorothée Gilbert.
La Philharmonie de Paris confirme, elle aussi, une rentrée particulièrement dense. Dès les premiers jours de septembre, les « Prem’s » réunissent plusieurs grandes formations internationales. L’Orchestre du Metropolitan Opera de New York, dirigé par Yannick Nézet-Séguin, ouvrira notamment le bal avec Richard Strauss, Mahler et les voix d’Elza van den Heever et Joyce DiDonato.
Pour les amoureux de l’Orchestre de Paris, la saison 2026-2027 est également une saison particulière : elle constitue la dernière saison de Klaus Mäkelä à la tête de la formation. Parmi les rendez-vous de l’automne, on retiendra notamment Mahler III, les 9 et 10 septembre, puis un programme Tchaïkovski, Prokofiev, Barber et Bernstein dirigé par Riccardo Chailly les 30 septembre et 1er octobre.
En octobre, Esa-Pekka Salonen dirigera Le Chant de la Terre de Mahler, tandis que le pianiste Bertrand Chamayou s’attaquera aux deux concertos de Ravel. Et le 9 octobre, le public pourra retrouver Gustavo Dudamel, nouvellement nommé directeur musical du New York Philharmonic, dans la Cinquième Symphonie de Mahler.